Taux d’endettement à 35 % : découvrez comment les banques calculent réellement votre capacité d’emprunt, le rôle du HCSF, de l’assurance emprunteur et du reste à vivre, et comment optimiser votre dossier de crédit immobilier.
Taux d'endettement à 35% : les revenus que les banques comptent, ceux qu'elles ignorent

Taux d’endettement à 35 % : pourquoi ce seuil ne raconte pas toute l’histoire

Pourquoi le taux d'endettement à 35 % ne raconte pas toute l’histoire

Le fameux « taux d’endettement à 35 % » pour un crédit immobilier rassure les primo-accédants, mais il simplifie à l’excès la réalité des décisions bancaires. Derrière ce seuil présenté comme un maximum quasi réglementaire par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), chaque banque applique son propre filtre sur vos revenus, vos charges récurrentes, votre apport personnel et la structure globale de votre projet. Pour comprendre votre véritable capacité d’emprunt, il faut décortiquer comment les banques calculent le taux d’endettement, ligne par ligne, et comment elles ajustent ce ratio en fonction de votre situation financière concrète.

Depuis la recommandation du HCSF du 20 décembre 2022, intégrée au cadre prudentiel des établissements de crédit et reprise dans les communications de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le taux d’endettement maximal de référence est fixé à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse, avec une marge de flexibilité sur 20 % des dossiers. Les organismes financiers utilisent donc ce cadre comme un garde-fou, tout en jouant sur la durée du prêt immobilier, le niveau des mensualités et le reste à vivre pour accepter ou refuser un emprunteur. Pour un crédit immobilier sur 25 ans (ou 27 ans en cas de travaux représentant au moins 10 % du coût total, comme le précise le HCSF dans ses textes), un même salaire peut ainsi permettre un montant d’emprunt très différent selon la banque, l’assurance choisie et la nature du projet de résidence principale.

Pour un couple de primo-accédants avec 4 000 euros de revenus nets mensuels, le taux d’endettement à 35 % autorise théoriquement 1 400 euros de mensualité de prêt, assurance comprise. En pratique, certaines banques vont plafonner la mensualité de crédit immobilier à 1 250 euros pour préserver un reste à vivre jugé confortable, quand d’autres accepteront 1 450 euros si le dossier présente un apport solide et une épargne de précaution. Le taux d’endettement n’est donc pas qu’un calcul de pourcentage, c’est un arbitrage global sur votre situation financière, votre comportement d’épargnant et votre taux d’effort immobilier futur.

Comment les banques calculent concrètement le taux d’endettement

Le calcul du taux d’endettement part d’une formule simple, mais chaque banque la nourrit avec ses propres hypothèses sur vos revenus et vos charges. On additionne toutes les mensualités de crédit en cours ou à venir, y compris la mensualité de prêt immobilier projetée, puis on divise ce total par les revenus nets mensuels du foyer. Le résultat donne un taux d’endettement exprimé en pourcentage, que les conseillers comparent au seuil de 35 % pour juger si l’emprunteur peut raisonnablement supporter la charge de remboursement.

Dans ce calcul de capacité d’emprunt, les banques intègrent systématiquement les mensualités de crédit à la consommation, les éventuels prêts auto, les pensions alimentaires versées et la future mensualité de prêt immobilier, assurance emprunteur incluse. Le calcul du taux d’endettement maximum tient aussi compte des prêts aidés comme le PTZ, même si le taux nominal est nul, car la mensualité future pèse sur le budget à terme. Pour un emprunt immobilier classique, la banque retient la mensualité de prêt la plus élevée sur la durée, ce qui peut limiter la capacité d’emprunt lorsque le projet cumule PTZ, prêt relais et crédit consommation.

Les organismes financiers ajoutent parfois une couche de prudence en simulant une légère hausse de taux d’intérêt pour tester la robustesse du dossier. Un crédit immobilier à 4 % sur 25 ans ne sera pas jugé de la même façon qu’un prêt à 3,5 % sur 20 ans, même avec un taux d’endettement identique. Au final, le calcul du taux d’endettement maximal n’est pas un exercice purement mathématique, c’est un véritable stress test de votre budget futur, de votre reste à vivre et de votre capacité à absorber les aléas de la vie.

Revenus pris en compte : ce que les banques aiment voir sur votre fiche de paie

Pour un taux d’endettement à 35 % crédible, la première bataille se joue sur la définition des revenus. Les banques adorent les salaires nets stables, les CDI hors période d’essai, les 13e mois contractuels et les primes garanties par le contrat de travail. Ces revenus nets récurrents servent de base au calcul de la capacité d’emprunt, car ils sécurisent la mensualité de prêt dans la durée et rassurent les comités de crédit chargés d’analyser le risque.

Les revenus locatifs sont généralement retenus à 70 % pour tenir compte des vacances, des charges et des impayés potentiels, ce qui peut booster la capacité d’emprunt des investisseurs tout en restant compatible avec un endettement maximal raisonnable. Pour un emprunteur qui achète sa résidence principale tout en conservant un appartement en location, cette prise en compte partielle des loyers peut faire basculer le dossier du refus à l’acceptation. Les banques apprécient aussi les pensions alimentaires perçues et certaines rentes, mais elles vérifient toujours la régularité des versements avant de les intégrer dans le calcul du taux d’endettement.

Les primes contractuelles, comme une prime d’ancienneté ou une prime de performance garantie, peuvent être intégrées à 50 % ou 100 % selon la politique de la banque et les grilles internes de calcul de la capacité d’emprunt. Un salaire de base de 2 800 euros complété par 400 euros de prime contractuelle peut ainsi être considéré comme 3 000 euros de revenus nets par une banque, mais seulement 2 900 euros par une autre. Cette différence de traitement se traduit directement par un montant d’emprunt plus ou moins élevé, alors que le taux d’endettement affiché reste officiellement à 35 %.

Revenus ignorés ou minorés : là où votre capacité d’emprunt s’évapore

Une partie de vos revenus peut être purement ignorée dans le calcul du taux d’endettement, ce qui réduit brutalement votre capacité d’emprunt. Les primes variables non garanties, les bonus annuels aléatoires, les heures supplémentaires non contractualisées et les revenus d’auto-entrepreneur de moins de trois ans sont souvent exclus. Pour un primo-accédant urbain qui compte sur ses heures supplémentaires pour payer la mensualité de prêt, le réveil peut être brutal au moment où la banque calcule l’endettement maximum.

Les revenus d’activité indépendante sont particulièrement scrutés, surtout lorsqu’ils complètent un salaire salarié dans un projet de résidence principale. Beaucoup de banques exigent trois bilans complets pour intégrer ces revenus dans le calcul du taux d’endettement, et certaines ne retiennent qu’une moyenne prudente des bénéfices. Un auto-entrepreneur qui déclare 1 000 euros de revenus mensuels depuis dix-huit mois peut ainsi se voir attribuer zéro euro de revenus complémentaires dans le calcul de capacité d’emprunt, ce qui fausse complètement la perception de son potentiel d’emprunter.

Les banques peuvent aussi minorer certains revenus locatifs lorsqu’ils proviennent de locations meublées saisonnières ou de plateformes de type Airbnb, jugées trop volatiles. Dans ces cas, le calcul du taux d’endettement maximal repose sur une fraction seulement des loyers déclarés, voire sur une moyenne lissée sur plusieurs années. Le résultat est simple : un taux d’endettement à 35 % sur le papier peut se transformer en 40 % ressenti par la banque, qui réduit alors le montant du prêt immobilier pour revenir dans sa zone de confort en termes de taux d’effort et de risque.

Assurance emprunteur et reste à vivre : les deux variables que les banques ne crient pas sur les toits

Depuis la règle HCSF, le taux d’endettement à 35 % inclut obligatoirement le coût de l’assurance emprunteur, ce qui change profondément la donne. Un contrat groupe de banque à 0,36 % du capital emprunté peut faire grimper la mensualité de prêt de plusieurs dizaines d’euros par mois par rapport à une délégation d’assurance à 0,12 %. À revenus identiques, cette différence de coût d’assurance peut décaler de deux points le taux d’endettement, et donc réduire sensiblement le montant d’emprunt possible.

Pour un crédit immobilier de 300 000 euros sur 25 ans, la mensualité de prêt hors assurance peut tourner autour de 1 580 euros à un certain niveau de taux, mais l’assurance emprunteur peut ajouter entre 45 et 110 euros selon le contrat. La banque retient la mensualité de prêt globale, assurance incluse, pour calculer l’endettement maximal et vérifier le respect du seuil de 35 %. En optant pour une délégation d’assurance plus compétitive, un emprunteur peut donc récupérer plusieurs dizaines de milliers d’euros de capacité d’emprunt, sans changer ni de banque ni de durée.

Au-delà du taux d’endettement, les banques examinent un critère officieux mais décisif : le reste à vivre, c’est-à-dire la somme qui reste chaque mois après toutes les mensualités de crédit. Un couple avec 5 000 euros de revenus nets et 1 700 euros de mensualités peut afficher un taux d’endettement de 34 %, mais un reste à vivre de 3 300 euros jugé très confortable. À l’inverse, un célibataire avec 2 300 euros de salaire et 800 euros de mensualité de prêt reste sous les 35 %, mais son reste à vivre de 1 500 euros peut être considéré comme limite dans certaines grandes villes où le coût de la vie est élevé.

Comment maximiser votre reste à vivre sans sacrifier votre projet

Pour améliorer votre dossier, l’objectif n’est pas seulement de baisser le taux d’endettement, mais d’optimiser le couple taux d’endettement et reste à vivre. Rembourser un crédit à la consommation avant de déposer votre dossier peut libérer 150 ou 200 euros de mensualité, ce qui améliore à la fois le calcul du taux et la perception de votre situation financière. Les banques apprécient les emprunteurs qui arrivent avec un taux d’endettement déjà maîtrisé, car cela montre une gestion budgétaire responsable et une approche prudente de l’endettement.

Allonger la durée du prêt immobilier de 20 à 25 ans peut aussi réduire la mensualité de prêt de manière significative, même si le coût total du crédit immobilier augmente. Pour un projet de résidence principale, cette stratégie peut permettre de rester sous le seuil d’endettement maximal tout en conservant un reste à vivre confortable, surtout dans les zones tendues comme Paris ou Lyon. L’arbitrage se fait alors entre un coût global plus élevé et une capacité d’emprunter suffisante pour acheter le bien ciblé, ce qui reste souvent préférable à un loyer élevé sans constitution de patrimoine.

Enfin, un apport personnel légèrement renforcé, même de 5 000 ou 10 000 euros, peut faire basculer un dossier en réduisant le montant d’emprunt nécessaire. Les banques regardent avec bienveillance les emprunteurs qui conservent une épargne de sécurité après l’achat, plutôt que ceux qui mettent tout leur apport dans le projet. Le message implicite est clair : un taux d’endettement à 35 % passe beaucoup mieux quand il reste trois à six mois de revenus nets de côté sur un livret, prêt à absorber les imprévus et à sécuriser votre taux d’effort immobilier.

La marge de flexibilité des 20 % : qui en profite vraiment

La règle HCSF autorise les banques à déroger à la limite de 35 % de taux d’endettement pour 20 % de leurs nouveaux crédits immobiliers, mais cette flexibilité est loin d’être distribuée au hasard. En pratique, les comités de crédit réservent ces dérogations aux dossiers jugés très solides, avec des revenus nets élevés, un apport conséquent et une situation professionnelle stable. Un primo-accédant avec un apport personnel limité et un salaire modeste a donc peu de chances de bénéficier de cette marge, sauf cas très particulier ou projet patrimonial jugé exceptionnel.

Les banques utilisent cette enveloppe de flexibilité pour financer des projets à fort potentiel patrimonial, comme des résidences principales bien situées ou des investissements locatifs structurés. Un cadre supérieur avec 7 000 euros de revenus nets, un taux d’endettement à 37 % mais un reste à vivre de plus de 4 000 euros pourra ainsi passer en dérogation. À l’inverse, un emprunteur avec un endettement maximal déjà atteint à cause de crédits à la consommation verra son dossier recalé, même si son taux d’endettement reste officiellement sous les 35 %.

Les banques arbitrent aussi cette marge en fonction de leurs objectifs commerciaux et de leur exposition au risque immobilier. Une banque très présente sur les grandes métropoles pourra accepter davantage de dossiers en dérogation pour des résidences principales bien placées, considérées comme plus liquides en cas de revente forcée. Pour comprendre comment cette flexibilité peut jouer en votre faveur, il est utile de lire une analyse détaillée des règles HCSF et de leurs effets sur les portes qui se ferment, comme celle proposée dans un article dédié à la règle des 35 % d’endettement et à ses limites.

Profils gagnants et perdants de la flexibilité HCSF

Les grands gagnants de la flexibilité HCSF sont les ménages à hauts revenus, avec un apport personnel supérieur à 20 % et une épargne résiduelle importante. Leur taux d’endettement peut dépasser légèrement les 35 %, mais leur reste à vivre reste très confortable, ce qui rassure les organismes financiers. Ces emprunteurs obtiennent souvent des conditions de crédit immobilier attractives, avec des taux compétitifs et des durées optimisées, car ils cochent toutes les cases du bon risque et présentent un taux d’effort maîtrisé.

Les perdants sont souvent les primo-accédants avec un apport limité à 10 ou 15 %, des revenus nets corrects mais sans marge, et parfois un petit crédit à la consommation en cours. Leur dossier se heurte à un double plafond : un endettement maximal déjà atteint à 35 % et un reste à vivre jugé trop juste pour une grande ville. Même avec un projet de résidence principale cohérent, ces emprunteurs se voient refuser la dérogation, car la banque préfère réserver sa marge à des profils plus rentables et moins risqués.

Pour améliorer vos chances d’entrer dans les 20 % de dossiers dérogatoires, il faut présenter un dossier irréprochable sur tous les autres critères : stabilité professionnelle, gestion bancaire sans incident, épargne régulière et apport bien structuré. Un emprunteur qui arrive avec un historique de comptes propre, sans découvert ni incident de paiement, envoie un signal fort de sérieux. Dans ce contexte, un taux d’endettement à 36 ou 37 % peut être accepté, car la banque perçoit un risque globalement maîtrisé malgré le dépassement du seuil théorique fixé par le HCSF.

Capacité d’emprunt, apport et structure du projet : les leviers que vous contrôlez vraiment

La capacité d’emprunt ne dépend pas seulement du taux d’endettement, mais aussi de la façon dont vous structurez votre projet immobilier. En jouant sur le montant d’apport, la durée du prêt immobilier, la répartition entre crédit immobilier classique, PTZ et éventuel crédit à la consommation, vous pouvez modifier en profondeur le calcul du taux. L’objectif est de présenter à la banque un dossier cohérent, où chaque paramètre renforce la perception de votre situation financière plutôt que de l’affaiblir.

Un apport personnel couvrant au moins les frais de notaire et une partie des frais de garantie envoie un signal positif, car il réduit le montant d’emprunt nécessaire et donc la mensualité de prêt. Pour un projet de 350 000 euros, un apport de 35 000 à 50 000 euros peut faire la différence entre un taux d’endettement à 36 % et un taux à 34 %, tout en améliorant le reste à vivre. Les banques apprécient aussi les emprunteurs qui conservent une épargne de précaution après l’opération, car cela limite le risque de défaut en cas de coup dur et sécurise la trajectoire de remboursement.

La nature du projet compte également : un achat de résidence principale en zone tendue avec un bon potentiel de revente sera mieux perçu qu’un investissement hasardeux. Un crédit immobilier pour une résidence principale à Nantes ou Bordeaux, avec un apport raisonnable et un endettement maximal maîtrisé, aura plus de chances de passer qu’un projet d’immobilier « plaisir » mal ficelé. En structurant intelligemment votre montage, vous transformez un simple taux d’endettement à 35 % en un dossier solide, lisible et défendable devant le comité de crédit.

Comparer les offres : banques traditionnelles, crédit en ligne et acteurs hybrides

Face aux banques traditionnelles, les acteurs en ligne et les plateformes de crédit comme Younited Credit affichent parfois des approches différentes du risque, mais la règle des 35 % reste incontournable. Ces organismes financiers peuvent proposer des parcours plus rapides, des outils de calcul de capacité d’emprunt plus transparents et des réponses plus tranchées. Cependant, pour un prêt immobilier classique, la plupart s’alignent sur les mêmes contraintes de taux d’endettement maximal et de durée que les grandes banques de réseau.

Les offres de crédit à la consommation proposées par ces acteurs peuvent néanmoins jouer un rôle dans la préparation de votre dossier immobilier. Regrouper ou rembourser un ancien crédit consommation via une solution plus courte et plus lisible peut améliorer votre taux d’endettement avant de solliciter un prêt immobilier. L’enjeu est de présenter à la banque un taux d’endettement déjà optimisé, avec des mensualités de prêt claires et un calendrier de remboursement cohérent avec votre projet de résidence principale.

Pour suivre l’évolution des conditions de marché, notamment les variations de taux d’usure qui peuvent débloquer certains dossiers limites, il est utile de consulter des analyses spécialisées. Un article détaillé sur l’impact des hausses de taux d’usure sur les dossiers bloqués montre comment quelques points de base peuvent suffire à faire passer un taux d’endettement de 36 à 34 %. Au final, la bonne stratégie n’est pas de courir après le taux le plus bas affiché, mais de viser la combinaison gagnante entre taux nominal, assurance emprunteur, durée et structure globale de l’endettement.

Comprendre le taux d’effort pour piloter son projet sur dix ans

Le taux d’endettement à 35 % n’est qu’une photographie à l’instant T, alors que votre projet immobilier se joue sur dix, quinze ou vingt-cinq ans. Pour piloter intelligemment votre budget, il faut raisonner en taux d’effort global, en intégrant l’évolution probable de vos revenus, de vos charges et de vos besoins de consommation. Un taux d’endettement confortable aujourd’hui peut devenir étouffant demain si vous sous-estimez l’arrivée d’un enfant, un changement de ville ou une baisse de revenus.

Le taux d’effort immobilier mesure la part de vos revenus consacrée au logement, en incluant non seulement la mensualité de prêt, mais aussi les charges de copropriété, la taxe foncière et les dépenses courantes liées au bien. Pour un couple primo-accédant, viser un taux d’effort total autour de 30 à 35 % des revenus nets offre un équilibre raisonnable entre sécurité et ambition patrimoniale. Un guide détaillé sur la compréhension du taux d’effort immobilier permet de replacer le taux d’endettement dans ce cadre plus large et plus réaliste, en intégrant la notion de reste à vivre et de capacité d’épargne future.

En pratique, la bonne question n’est pas « puis-je monter à 35 % de taux d’endettement », mais « à quel niveau de mensualité de prêt je dors encore tranquille ». Un emprunteur qui accepte un endettement maximal à 33 % avec un reste à vivre confortable se donne plus de marge pour absorber une hausse de charges ou un aléa professionnel. La vraie boussole n’est pas le TAEG affiché, mais le coût total sur dix ans rapporté à votre qualité de vie et à votre capacité d’épargne future.

Articuler crédit immobilier, consommation et projets de vie

Un projet immobilier ne se construit pas dans le vide, il s’inscrit dans une trajectoire de vie où d’autres besoins de financement apparaîtront. Anticiper un futur crédit à la consommation pour une voiture, des travaux ou un projet personnel permet d’éviter de saturer dès aujourd’hui votre taux d’endettement. Un emprunteur qui bloque déjà 35 % de ses revenus nets dans un prêt immobilier laisse peu de place à ces futurs besoins, sauf à rogner sur son reste à vivre.

Articuler intelligemment crédit immobilier et éventuels crédits à la consommation consiste à garder une marge de manœuvre de quelques points sous le plafond réglementaire. Viser un taux d’endettement autour de 30 à 32 % au départ permet de financer plus sereinement un futur projet de travaux ou un changement de véhicule sans mettre en péril l’équilibre du budget. Les banques regardent d’ailleurs avec bienveillance les emprunteurs qui raisonnent ainsi, car ils apparaissent comme des gestionnaires prudents plutôt que comme des chasseurs de montant d’emprunt maximum.

Au final, la capacité d’emprunter ne se résume pas à un chiffre de taux d’endettement, mais à une stratégie globale d’endettement maîtrisé. Un bon dossier, ce n’est pas seulement un taux compétitif et un apport correct, c’est un projet cohérent avec votre situation financière présente et future. La règle est simple : mieux vaut un peu moins de mètres carrés aujourd’hui qu’un endettement maximal qui vous prive de toute liberté de choix demain.

Chiffres clés sur le taux d’endettement et la capacité d’emprunt

  • Le HCSF plafonne le taux d’endettement à 35 % assurance comprise pour la majorité des nouveaux crédits immobiliers, avec une durée maximale de 25 ans ou 27 ans en cas de travaux représentant au moins 10 % du coût de l’opération, comme le rappellent les communications officielles de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
  • Les banques peuvent déroger à ces critères pour 20 % de leur production trimestrielle de prêts immobiliers, dont 80 % doivent concerner des résidences principales, ce qui limite fortement les marges de manœuvre pour les autres profils d’emprunteurs.
  • Les revenus locatifs sont généralement retenus à 70 % dans le calcul de la capacité d’emprunt, afin de tenir compte des périodes de vacance, des charges et des impayés potentiels, conformément aux pratiques prudentielles observées dans les études de la Banque de France.
  • Un écart de 0,24 point sur le taux d’assurance emprunteur (0,36 % contre 0,12 %) peut réduire la capacité d’emprunt de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un prêt de 300 000 euros sur 25 ans, en raison de l’augmentation mécanique de la mensualité globale.
  • Le PTZ, même à taux zéro, est intégré dans le calcul du taux d’endettement, mais son différé de remboursement pouvant aller jusqu’à 15 ans allège le poids des mensualités sur les premières années du crédit et améliore temporairement le taux d’effort.

FAQ sur le taux d’endettement à 35 % et le crédit immobilier

Comment calculer précisément mon taux d’endettement pour un projet immobilier ?

Pour calculer votre taux d’endettement, additionnez toutes vos mensualités de crédit actuelles et futures, y compris la mensualité de prêt immobilier projetée avec l’assurance emprunteur, puis divisez ce total par vos revenus nets mensuels. Multipliez le résultat par 100 pour obtenir un pourcentage, que vous comparerez au seuil de 35 % fixé par le HCSF. Pensez à inclure les prêts à la consommation, les prêts auto et les pensions alimentaires versées pour obtenir un calcul réaliste de votre capacité d’emprunt.

Pourquoi ma banque refuse certains de mes revenus dans le calcul de ma capacité d’emprunt ?

Les banques privilégient les revenus stables et récurrents, comme le salaire net en CDI, le 13e mois contractuel et les pensions régulières, car ils sécurisent le remboursement du crédit immobilier. Les primes variables, les heures supplémentaires non garanties et les revenus d’auto-entrepreneur récents sont souvent exclus ou fortement minorés, car ils sont jugés trop incertains. Cette prudence réduit parfois votre capacité d’emprunt, mais elle reflète la volonté de limiter le risque de défaut sur la durée du prêt et de maîtriser votre taux d’effort.

L’assurance emprunteur compte-t-elle vraiment dans le calcul du taux d’endettement ?

Oui, depuis l’encadrement HCSF, le coût de l’assurance emprunteur doit être inclus dans la mensualité de prêt utilisée pour calculer le taux d’endettement. Un contrat d’assurance plus cher augmente la mensualité globale et peut faire dépasser le seuil de 35 %, ce qui limite le montant d’emprunt possible. Comparer les offres d’assurance, notamment via une délégation, est donc un levier puissant pour optimiser à la fois votre taux d’endettement et votre capacité d’emprunt.

Puis-je dépasser les 35 % de taux d’endettement pour acheter ma résidence principale ?

Dépasser les 35 % est possible, mais uniquement dans le cadre de la marge de flexibilité de 20 % dont disposent les banques, et sous conditions strictes. Cette dérogation est généralement réservée aux profils à hauts revenus, avec un apport important, un reste à vivre élevé et une situation professionnelle très stable. Pour un primo-accédant avec un apport limité, il est plus réaliste de viser un taux d’endettement inférieur à 35 % et de travailler sur la structure du projet pour rester dans les clous.

Comment améliorer mon dossier si je suis déjà proche du seuil de 35 % ?

Pour renforcer votre dossier, vous pouvez rembourser ou regrouper certains crédits à la consommation, augmenter légèrement votre apport personnel ou allonger la durée du prêt immobilier pour réduire la mensualité. Il est aussi utile de présenter des comptes bancaires propres, sans découverts ni incidents, et de conserver une épargne de précaution après l’achat. Ces éléments améliorent la perception globale de votre situation financière et peuvent compenser un taux d’endettement proche du maximum réglementaire, tout en maintenant un taux d’effort soutenable dans la durée.

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